Deus Vult ! - Le règne d'un duc (1ere partie)

Publié le par Toine

Comte-rendu de partie de Crusader Kings avec l'extension Deus Vult !

Je choisis d'incarner pour cette partie Ramon Berenguer le duc de Barcelone, surtout car il est indépendant, ce qui m'évitera de m'arracher les cheveux devant les décisions d'un suzerain joué par l'ordinateur. De plus Barcelone se trouve dans une situation intéressante, à la frontière des mondes chrétiens et musulmans, et commence avec un trésor bien rempli.

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L'Espagne catholique en 1066 est divisée entre 3 duchés indépendants et 4 royaumes, enfin si on peut appeler "royaume" des états comme l'Aragon qui ne controle qu'un comté et n'a aucun vassal, ou la Navarre, à peine mieux lotie. Aucun de ces états pris individuellement ne semble faire le poids contre les puissants émirats du sud de l'Espagne, surtout que les musulmans d'Espagne, en plein âge d'or, commencent avec une nette avance culturelle et technologique.

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La première décision du duc Ramon est donc de se chercher un allié. Le royaume de France serait son premier choix, mais son roi Philippe ne se montre pas intéressé par une alliance avec un modeste duc, alors qu'il a déjà à ses cotés le puissant empereur d'Allemagne. C'est alors vers la Navarre que le duc se tourne, mariant au passage son fils Pédro avec la soeur cadette de son roi. Mais malgré ces nouveaux liens familiaux, il a l'outrecuidance de refuser une alliance avec Barcelone, préférant proposer au duc de devenir son vassal, ce qu'il refuse bien entendu.

C'est finalement par défaut que Ramon s'allie avec Sancho Jimenez de Castille, après avoir envoyé son troisième fils comme page à sa cour. Cette alliance ne s'avèrera pas un excellent choix, le caractère antagoniste du roi de Castille le conduisant rapidement à voir comme un rival son propre allié.

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L'année 1067 se déroule sans évennements notables à part l'annexion du minuscule royaume d'Aragon par l'à peine moins petit Royaume de Navarre. A Barcelone un terrain d'entrainement est mis en chantier pour les chevaliers du duc, et dans ses terres de Lleida une exploitation forestière. Des recherches sont lancées en matière de techniques de siège, d'agriculture et de coutumes nobles.

Les lois du duché sont également étudiées, pour voir s'il y aurait raison de les changer, mais Ramon parvient à la conclusion qu'elles sont très bien en l'état. Le régime du contrat féodal plait à ses vassaux et lui offre des régiments plus fournis en chevaliers, ce qui lui procure un certain avantage militaire par rapport à ses voisins musulmans. Quant à loi religieuse de Barcelone, la Suprématie Regalienne, elle fait du duc la première autorité spirituelle du pays, lui permettant de désigner les évèques comme d'imposer lourdement le clergé. Evidemment ça risque de ne pas plaire au pape, mais tant qu'il ne se plaint pas, pourquoi en changer ?

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Avoir fait de son fils aîné Pédro son connétable plutot que de l'avoir nommé comte nuit un peu au prestige du duc. Les grands d'Europe se moquent volontiers d'un seigneur qui ne confie pas de terres à un héritier adulte. Pour remédier à celà, le Duc pourrait se séparer du comté de Lleida ou confisquer celui d'un de ses vassaux (mais ça ne risquerait guère de leur plaire), mais aucune de ses solutions ne lui semblent satisfaisantes. Il décide donc d'agrandir rapidement son territoire et choisit pour cible le Sheikdom d'Albarracin, petit territoire indépendant n'ayant pour alliée que la lointaine république de Cordoue.

Peu après que la construction des terrains d'entrainement ait été terminée, et alors que les techniques du siège du régiment de Barcelone viennent d'être améliorées, Ramon estime son duché prèt à la guerre. Il rassemble ses troupes et l'host de ses vassaux dans la province de Lleida, et le 13 mars 1068 déclare la guerre au Sheikh.

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Les forces du duc sont en net surnombre, il aligne plus de 2500 hommes dont pas moins de 330 chevaliers contre 600 hommes et aucun chevalier du coté du Sheikh. Mais son allié, la république de Cordoue, dispose de plus de 3000 hommes et déclare la guerre à Barcelone, tandis que le roi de Castille "oublie" d'honorer son alliance avec Ramon.

Les forces du sheikh sont écrasées avant l'arrivée des renforts, et dès la ville prise, le duc l'annexe sans autre forme de procès. Mais décidé à venger son allié, Abd al-Malik, le gouverneur de Cordoue débarque à Barcelone et met le siège à la ville. Durant l'année 1069 il inflige deux cruelles défaites aux troupes du duc tentant de le rompre. Par chance, la riche petite république cordobane attire les convoitises du puissant Emir de Tolède, qui profite de l'absence des forces du gouverneur pour lui déclarer la guerre. Pressé de retourner défendre son territoire, Abd al-Malik accepte alors de conclure une paix blanche avec Barcelone. Le comté d'Albarracin, comme prévu est confié à Pédro, qui est remplacé au poste de connétable par un jeune noble du nom de Bernat de Bessalu.

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Pendant qu'il était à la tête de ses troupes, Ramon ne s'est pas privé de déflorer quelques pucelles, ce qui n'a guère plu à sa femme, Almodis dite la Veuve Noire. Agée de 58 ans, la duchesse qui a déjà écumé toutes les cours d'Europe, enterrant ses deux précédents maris, ne s'en laisse plus compter et se verrait bien se débarasser aussi du troisième. Elle décide de tourner ses conseillers contre lui, et obtient le soutien de la vieille Adelaïde de Bessalu, mère du nouveau connétable, qui dirigeait les services d'espionnage du duché. Craignant qu'on atteinte à sa vie, Ramon n'a d'autre choix que de remplacer dans l'urgence Adelaïde, nommant maître espionne sa fille aînée Agnes qui vient tout juste de fêter ses 16 ans. Mais Almodis n'a aucun mal à convaincre sa fille elle aussi de prendre son parti.

Devant la menace d'être assassiné par ses propres agents, le duc doit absolument changer de nouveau de maître espion. Hélas il n'a que des incompétents ou des déloyaux ligués avec sa femme sous la main. Pour écarter Agnes de ce poste, il la marie avec un seigneur étranger, et le duché se retrouve durant quelques années sans personne pour diriger ce service. Ramon en est fort marri, s'il avait eu un bon maître espion il l'aurait volontiers chargé d'assassiner sa femme, mais en l'absence d'un tel serviteur, les risques lui semblent trop grands.

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Les deux harpies, Almodis et Adelaïde continuent leurs manigances et parviennent en 1070 à convaincre Bernat le connétable de rejoindre les rangs des conspirateurs. Faute de mieux, Ramon le remplace par son second fils, prénommé Ramon Berrenguer comme son père, un tout jeune homme qui n'a même pas terminé ses études militaires.

C'est alors que le duché est fort affaibli par la conjuration des harpies que le roi de France décide de faire valoir ses revendications au titre de comte de Rosello. N'écoutant que son courage, Ramon entre en guerre pour soutenir son vassal, ce qui lui vaut une déclaration de guerre de la part de l'Empereur d'Allemagne allié des français. Evidemment, Sancho Jimenez de Castille, toujours théoriquement allié au duc mais aussi son rival se garde quant à lui d'entrer dans le conflit.

Sachant qu'il n'a guère de chance de vaincre la coalition des deux plus puissants royaumes d'Europe, Ramon décide d'offrir tout son trésor à la France pour obtenir la paix. Le roi de France étant seul à avoir des revendications dans la région, le duc pense obtenir une paix blanche de celui d'Allemagne une fois que son allié ne sera plus de la partie. Pour les 82 pièces d'or qui restaient dans les coffres du duc, la France accepte une trève avec lui et son vassal. En revanche Otto Von Franken d'Allemagne ne veut rien entendre, il semble clair que la seule offre qu'il accepterait sans combattre serait la vassalisation du duché. L'idée de préter hommage à ce puissant mais lointain empereur est envisagée un moment, mais le duc est trop épris d'indépendance pour y céder.

Il préfère mobiliser ses troupes et attendre de pied ferme les allemands. Il offre même asile à Friedrich of Franken un noble exilé par son cousin l'empereur car il avait des prétentions au titre de comte de Franken. Ce Friedrich est fait maître espion de Barcelone, et plus tard aura droit à la main de Sancha, la seconde fille du duc.

Aux premiers jours de 1071 les voiles de navires portant le pavillon impérial sont aperçues au large de Barcelone.

(à suivre...)

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Publié dans Jeux de Stratégie

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