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  • : J"ai commencé à envisager de tenir un blog pour me motiver à reprendre un vieux projet de roman en le publiant au fur et à mesure en ligne. Mais finalement j'ai envie de publier bien d'autres choses, allant de textes humoristiques à des articles politiques en passant par des contes, des critiques diverses, du "je raconte ma vie" et des comptes-rendus de parties de jeux de stratégie. Faire de ce blog un pot pourri de tout ce qui m'intéresse en résumé.
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Un blog susceptible de parler de tout et de rien, comme son nom l'indique.

Mardi 9 octobre 2007
publié dans : Jeux de Stratégie

(suite du compte-rendu de partie de Crusader Kings Deus Vult !)

Otto Von Franken n'étant en guerre que contre lui, pas contre ses vassaux, Ramon est certain qu'il débarquera directement à Barcelone. Il y rassemble la majeure partie des armées du duché, environ 2000 hommes, tandis qu'un millier d'autres se tient en réserve à Lleida, prévoir des renforts qui arriveront reposés et le moral intact en cours de bataille est toujours une bonne idée.

Le 6 mars 1071 Otto débarque en personne, accompagné de 3 régiments totalisant environ 4000 hommes, pensant que ce net avantage numérique sera suffisant pour l'emporter. Mais si ça aurait sans doute été le cas dans une bataille purement terrestre, il est autrement plus dur de réussir un débarquement. La bataille fait rage durant 18 jours sur les plages de Barcelone. Elle menace d'être perdue par les forces ducales, quand arrivent les renforts qui s'étaient mis en marche avant même qu'un allemand ne foule le sol barcelonais, menés par le connétable Ramon Berenguer junior. Lequel, qui vient juste d'achever sa formation militaire accomplit plusieurs exploits héroïques, en retirant un large prestique et une sagesse nouvelle. Les armées de Barcelone subissent des pertes importantes, environ un tiers de leurs forces, mais finalement, malgré la fuite des régiments de deux des vassaux du duc, les allemands sont vaincus et exterminés, leurs chefs seuls parvenant à regagner les navires.

Une nouvelle offre de paix blanche est immédiatement envoyée, mais Otto s'entête et refuse. N'ayant pas les moyens d'entretenir ses troupes en attendant le retour des allemands, le duché qui avait offert toutes ses liquidités à la France commençant à être gravement endetté, Ramon disperse son armée. Il sera toujours temps de rassembler un nouvel Ost si ses ennemis reviennent.

Ramon devient ami du roi de Léon autre rival de celui de Castille.En attendant, le duc Ramon s'occupe en entretenant une correspondance avec les seigneurs de la région, ce qui lui vaut de fraterniser avec le roi de Léon avec qui il échange de nombreux courriers critiques au sujet de son frère le roi de Castille, théorique allié du duc devenu son rival. Ramon regrette beaucoup de ne pas avoir choisi de s'allier au bon roi, hélas en ces temps de chevalerie on ne s'engage dans une alliance que pour la vie.

 

Au palais, la conspiration des harpies se calme avec la mort de la vieille Adelaïde de Bessalu. Almodis tente bien de retourner ses nouveaux conseillers contre le duc en 1071, mais ils ne l'écoutent pas ; quant à l'ex-connétable Bernat il retrouve peu à peu sa loyauté envers la couronne ducale, et sera rétabli à son poste fin 1078. 
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.Par ailleurs le duc constate avec un mélange d'amusement et d'inquiétude que son héritier Pedro a également quelques problèmes avec sa propre femme, laquelle devenue folle est désormais sa rivale. Il semblerait qu'il soit de famille de faire des marriages malheureux. 


Pedro fils et héritier du duc

Alors qu'on attend toujours le retour des allemands, qui s'obstinent à refuser la paix, c'est de l'ouest que vient une nouvelle menace : le sheikh de Taragona, vassal de l'émir de Saragosse, décidé à rendre aux musulmans la province d'Albarracin déclare la guerre à Pedro en septembre 1071. Ramon décide évidemment de soutenir son fils, ce qui lui vaut une déclaration de guerre d'Ahmad Abu Dja'far de Saragosse et de son allié l'émir d'Almeria. Pour une fois le roi de Castille se joint au conflit, et déclare même la guerre à l'autre vassal de l'émir, le sheikh de Catalayud.

La guerre de 1071

Les forces ducales fondent sur Taragone et après avoir défaites les armées du Sheikh s'emparent de la ville en décembre 1071, et la province de Taragona est immédiatement annexée, et confiée au troisième fils du duc, qui vient d'atteindre sa majorité et de revenir de la cour où il était page. Pendant ce temps, une rude bataille opposent à Catalayud l'armée de Castille et celle de l'émir. Ramon en profite pour aller mettre le siège à Saragosse.

Mais l'apparition de nouvelles voiles allemandes au large de Barcelone incite le duc à conclure la paix avec les mahométans aussi vite que possible. Il lui offre donc une paix blanche. Ahmad Abu Dja'far l'accepte en avril 1072, au lendemain de la chute de sa capitale ; fidèle à sa parole le duc ne peut qu'accepter de la restituer, mais a désormais une revendication sur le titre de comte de Saragosse. Le roi de Castille quant à lui subit une cruelle défaite à Catalayud, et plutot que de poursuivre seul le conflit signe également une paix blanche.

Les armées ducales repartent aussi vite que possible vers l'est, où 4000 allemands ont mis le siège devant Barcelone. Le duc en aligne à peine 2000 et s'attend à une bataille désespérée. Mais le sort va en décider autrement : faisant face à domicile à une révolte de ses grands vassaux, Otto Von Franken voit les régiments de ses ducs déserter subitement, et se retrouve avec à peine 1200 hommes à l'arrivée de Ramon. Les allemands sont de nouveau vaincus et acceptent enfin en juillet 1072 la paix avec Barcelone.

Fêtant cette victoire inespérée, Ramon, qui n'a pas touché sa femme depuis des années, s'éprend de plusieurs bergères et même de leurs moutons, gagnant un nouveau trait de caractère et deux batards dans les mois suivants.

Avec une femme pareille pas étonnant de chercher ailleurs.

 

Les frontières en 1073

Barcelone n'est plus en guerre que contre le petit émirat d'Almeria, qui ne controle qu'une province, loin au sud, et dont les armées sont probablement occupées ailleurs, vu qu'il est également en guerre contre son puissant voisin l'émir de Majorque. Il s'obstinera pourtant à refuser la paix avec Barcelone, jusqu'à ce que son petit territoire soit annexé par Majorque en 1073. D'autres guerres fratricides déchirent les principautés maures du sud de l'Espagne. Depuis l'annexion de Cordoue et de Molina en 1069, l'émirat de Tolède, allié à celui de Grenade, a à faire face à une coalition des deux autres puissances musulmanes, Séville et Badajoz. Dans cette guerre qui dure depuis quatre ans, le grand perdant est l'émir de Grenade, dont le territoire se réduit comme peau de chagrin. Quelque part cette guerre est pain béni pour les catholiques qui peuvent jouir d'une certaine tranquilité, mais le duc envisage aussi avec inquiétude la nouvelle puissance de Séville, qui s'étant emparé de Cordoue et de la plupart des provinces de Grenade, menace de dominer durablement la région.

Ramon envisage d'en profiter pour attaquer son voisin de Tolède, mais les caisses sont vides et le duché éprouvé par des années de guerre. Il décide donc de laisser les mahométans en paix pour le moment.

Il s'avère d'ailleurs qu'il aura bien plus de problèmes du coté de la chrétienté : en 1074 le pape menace de l'excommunier s'il ne transforme sa loi religieuse en "suprématie de l'église". N'ayant guère envie de l'être, Ramon n'a d'autre choix que d'accepter. Cette loi prive le duché des impots dont s'acquitaient les religieux, et de toute autorité sur la nomination des évèques, mais c'est tout de même moins grave que de voir ses relations avec tous les souverains catholiques se dégrader.

L'évèque est un gai luron.Le pape propose peu après à Ramon la nomination d'un évèque, qui s'avère très sympathique, il deviendra l'ami du duc avec qui il fera la tournée des bergeries.













Le duché devient plus stable.loseclaim.JPG
Connaissant enfin deux années de paix, le duché, bien quetoujours gravement endetté, voit ses provinces s'enrichir et devient plus stable en 1075. De nombreuses découvertes scientifiques en provenance des provinces anciennement musulmanes, plus avancées, atteignent Barcelone, qui devient l'une des capitales les plus avancées du monde catholique.

Malgré ses dettes, le duc refuse d'accabler ses paysans d'impots exceptionnels, ce qui menacerait de faire retomber sa stabilité. Cette générosité nouvelle devient un de ses traits de caractère en 1076.

Mais un seigneur trop gentil a du mal à asseoir son autorité. Ses voisins questionnent ses prétentions au titre de comte de Saragosse. Comme de toutes manières il n'y a pas besoin de revendication pour déclarer la guerre à un ennemi religieux, Ramon accepte d'y renoncer.D'ailleurs en 1077 la trève avec Saragosse se termine, et Ramon décide de montrer au monde qu'il n'a guère besoin de revendication pour s'en emparer. Saragosse étant en guerre contre Tolède et la Navarre il est d'ailleurs urgent de le faire, il risquerait de n'en rien rester.

Ce que le duc a oublié, c'est de vérifier que l'émir n'avait pas d'allié. Il s'avère qu'il est celui du puissant émir de Séville, qui déclare derechef la guerre à Barcelone. Heureusement, les finances ducales venaient de se rétablir. Pas téméraire, Ramon offre tout le contenu de ses coffres, 43 pièces d'or, au Sevillan qui en retour accepte de renoncer à l'affronter (il fera par contre payer cher à la Navarre d'avoir attaqué Saragosse, lui prenant sa capitale).

La guerre de 1077.

Saragosse est annexée sans trop de problème en aout 1077 ; quant au sheikh de Catalayud dernier vassal de l'émir il voit son domaine tomber entre les mains de l'émir de Tolède, qui le perdra quelque temps plus tard au profit de Séville.

Tandis que le duc fête sa victoire, la vieille Almodis reprend ses complots, et parvient à convaincre son fils Ramon Berenguer junior de conspirer contre son père. La loyauté de l'ancien conspirateur Bernat s'étant entre temps rétablie, le duc lui restitue le poste de connétable.

Cette fois c'est décidé il faut faire assassiner la mégère. Le duc prend la décision de l'éliminer dès qu'il aura les moyens de payer un assassin. Mais sa femme le privera de ce plaisir, décédant de mort naturelle aux premiers jours de 1078.

Mort d'Almodis la conspiratrice.

Dès le lendemain, pour bien marquer qu'elle ne mérite pas qu'il porte le deuil, le duc entreprend la recherche d'une nouvelle épouse et, décidé à profiter de ses vieux jours, choisit une jeune beauté russe réputée pour son hédonisme.

Une épouse trop séduisante.

Cette décision entrainera la fin du duc qui consacrera ses derniers mois à honorer sans relache sa nouvelle femme, et décèdera dans son lit à l'age de 58 ans, peu après lui avoir fait un enfant.

Ainsi se termine le règne du duc Ramon, quant à celui de son fils Pédro, je le relaterai peut être un autre jour. 

Pour l'instant j'ai été obligé d'abandonner cette partie dans l'attente d'un patch, un bug récurrent plantant le jeu aux alentours de l'an 1100.  :(((


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Mardi 9 octobre 2007
publié dans : Cahier de poèmes et délires divers

Cherchant sans les trouver
Dans mes vieux cahiers
Des notes que j'avais prises en 2003
Qui pourraient servir au chapitre 3
Mais que je ne retrouverai pas
Suis tombé sur quelque chose de beaucoup plus vieux
Intitulé "Cahier de poèmes et délires divers"
Ecrits au lycée entre 1987 et 1989
Enfin donc si j'ai retrouvé ça aujourd'hui
Je me suis dit que c'était destiné à être mis ici
Histoire de rendre ce blog encore plus bizarre
D'ailleurs je prend une page au hasard

Elfes
Ils sont partis sur leurs blanches nefs
Quittant leurs royaumes, leurs fiefs
Quittant leurs forêts d'or au crépuscule
Ils ont navigué vers le rêve, vers la paix
Loin de la forge qui brule
Loin du mal qui renait
Loin du monde des mortels
Vers l'infini de la mer et du ciel

Définitions
 - Toutriste : Quelqu'un visitant un pays étranger qui souffre du dépaysement. La nostalgie lui donne un air toutriste.
 - Constipassion : Contraction des muscles métacarpaux dorso-ventripèdes à la suite d'uneforte excitation des cellules schyzoïdes primaires. Vulg. : mal d'amour.
 - Agendarme : 1. Se dit d'un gendarme dont l'engagement politique le conduit à servir le pouvoir en place. 2. Se dit de tout traître dans la guerre des polices.
 - Pédarogue : Professeur souffrant de tendances sexuelles le conduisant à être désagréable avec les jeunes élèves de sexe opposé.
 - Sympathétique : Personne dont la sympathie s'exprime gravement.

L'Arbre
Un arbre sous le vent
Voit plier ses branches
Bercé par le souffle lent
De neige blanche
Parfois il les tend
Esperant qu'un jour
L'oiseau nommé amour
S'y posera quelque temps

Un arbre sous le vent
Voit casser ses branches
Secoué par l'ouragan
De neige blanche
L'espoir n'est pour lui
Qu'un lointain souvenir
Qu'il veut encore chérir
Malgré la tombée de la nuit

Un arbre sous le vent
Voit tomber ses branches
Agonisant lentement
Sous la neige blanche
Hélas il ne voit pas
Le retour du soleil
Et au loin, là bas
Ce bel oiseau vermeil

Ecriture automatique
La lumière est vie la lumière est nature
Le rêve est lumière est couleur
et douleur
Puis le mont du néant remonte à reculons les éscaliers de ma musique d'extasié et alors le néant se néifie un peu plus faisant de ma vie un vide sans Julia pour la remplir.
Parfois le ciel monte sous mes pas de roleplayer pressé de s'extasier par la purificatrice fumée de la sidhe muse ; rien ne sépare plus mon karma de ma psychée.
Je vole dans le ciel accompagné de mille hirondelles brulées par la marée de rosée.
N'est point éclose cette véprée la verte matinée pour laquelle je me suis levé.
Et alors il se saisit de son arme à deux mains, dégaina sa solide épée de Tolède de l'autre, non sans enlever le cran de sécurité, et défenestra son adversaire assoupi par la fenètre du troisième sous-sol.
Téléportation dans la pierre = LA MORT


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Lundi 8 octobre 2007
publié dans : Réflexions, politique & actualité

Hier soir je me suis fait une petite soirée télé. Occasion de voir un excellent documentaire, Delta affaires sales du pétrole, réalisé par Yorgos Avgeropoulos (rediffusé aujourd'hui à 16 heures sur France Ô).

Ce qui frappe au visionnage de ce genre de reportages, c'est à quel point ce qui se passe en Afrique est ignoré ici. Tandis qu'un certain nombre de conflits et de famines spectaculaires sont parfois médiatisés, des situations "de tous les jours" dramatiques comme celle des peuples et de l'éco-système du delta du Niger sont royalement ignorées par nos télévisions. On entendra même parler du Niger comme un exemple d'état africain revenu à la démocratie dernièrement, avec tout juste mention des soupçons de fraude quand il y a des élections. En fait une classe politique extrèmement corrompue, qui n'a guère changée depuis la junte, continue à détourner à son seul profit les revenus du pétrole (le moment du reportage où apparaissent les maisons immenses et barricadées où les politiciens locaux vivent dans un luxe extrème, au milieu de villes dont les habitants manquent de tout, mériterait d'être rediffusé chaque fois qu'on évoque ce pays).

Simplement comme il y a maintenant des élections, ces politiciens au lieu de se reposer sur l'armée pour assoir leur pouvoir arment des milices pour "convaincre" les gens de voter pour eux. Milices qui composées d'habitants du delta finissent par se retourner contre leurs maîtres, comme on le voit dans la partie du reportage sur le Mouvement d'Emancipation du Delta du Niger. Mouvement de rébellion armée que le reportage se garde d'idéaliser : s'il menace les installations pétrolières et revendique une redistribution de la richesse du pétrole en faveur des populations, il est clairement dit que c'est en grande partie une forme de chantage vis à vis des politiques. Les ex-miliciens qui forment le gros des troupes du MEND revendiquent surtout leur part du gâteau. Et pendant ce temps les 27 millions d'habitants du delta, dont la pèche principal moyen de subsistance est menacée par la pollution résultant des exploitations pétrolières, continuent à crever de faim dans une des régions les plus riches du monde.

Dans ces tragédies qui ne font jamais la une ici, la responsabilité des occidentaux, en l'occurence de la société pétrolière Shell, est bien plus criante que dans les conflits ethniques ou autres famines spectaculaires auxquels les grandes chaînes offrent une place à l'occasion. Ce n'est que sur une chaîne spécialisée et confidentielle comme France Ô (ou d'autres comme Arte) qu'on verra ce type de reportage, que manifestement aucun média en ayant les moyens ne s'est donné la peine d'acheter et de doubler. Delta affaires sales du pétrole, documentaire plusieurs fois primé, n'est diffusé ici qu'en grec sous-titré.


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Lundi 8 octobre 2007
publié dans : Jeux de Stratégie

Comte-rendu de partie de Crusader Kings avec l'extension Deus Vult !

Je choisis d'incarner pour cette partie Ramon Berenguer le duc de Barcelone, surtout car il est indépendant, ce qui m'évitera de m'arracher les cheveux devant les décisions d'un suzerain joué par l'ordinateur. De plus Barcelone se trouve dans une situation intéressante, à la frontière des mondes chrétiens et musulmans, et commence avec un trésor bien rempli.

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L'Espagne catholique en 1066 est divisée entre 3 duchés indépendants et 4 royaumes, enfin si on peut appeler "royaume" des états comme l'Aragon qui ne controle qu'un comté et n'a aucun vassal, ou la Navarre, à peine mieux lotie. Aucun de ces états pris individuellement ne semble faire le poids contre les puissants émirats du sud de l'Espagne, surtout que les musulmans d'Espagne, en plein âge d'or, commencent avec une nette avance culturelle et technologique.

cliquez l'image pour agrandir

La première décision du duc Ramon est donc de se chercher un allié. Le royaume de France serait son premier choix, mais son roi Philippe ne se montre pas intéressé par une alliance avec un modeste duc, alors qu'il a déjà à ses cotés le puissant empereur d'Allemagne. C'est alors vers la Navarre que le duc se tourne, mariant au passage son fils Pédro avec la soeur cadette de son roi. Mais malgré ces nouveaux liens familiaux, il a l'outrecuidance de refuser une alliance avec Barcelone, préférant proposer au duc de devenir son vassal, ce qu'il refuse bien entendu.

C'est finalement par défaut que Ramon s'allie avec Sancho Jimenez de Castille, après avoir envoyé son troisième fils comme page à sa cour. Cette alliance ne s'avèrera pas un excellent choix, le caractère antagoniste du roi de Castille le conduisant rapidement à voir comme un rival son propre allié.

castilleroi.JPG

L'année 1067 se déroule sans évennements notables à part l'annexion du minuscule royaume d'Aragon par l'à peine moins petit Royaume de Navarre. A Barcelone un terrain d'entrainement est mis en chantier pour les chevaliers du duc, et dans ses terres de Lleida une exploitation forestière. Des recherches sont lancées en matière de techniques de siège, d'agriculture et de coutumes nobles.

Les lois du duché sont également étudiées, pour voir s'il y aurait raison de les changer, mais Ramon parvient à la conclusion qu'elles sont très bien en l'état. Le régime du contrat féodal plait à ses vassaux et lui offre des régiments plus fournis en chevaliers, ce qui lui procure un certain avantage militaire par rapport à ses voisins musulmans. Quant à loi religieuse de Barcelone, la Suprématie Regalienne, elle fait du duc la première autorité spirituelle du pays, lui permettant de désigner les évèques comme d'imposer lourdement le clergé. Evidemment ça risque de ne pas plaire au pape, mais tant qu'il ne se plaint pas, pourquoi en changer ?

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Avoir fait de son fils aîné Pédro son connétable plutot que de l'avoir nommé comte nuit un peu au prestige du duc. Les grands d'Europe se moquent volontiers d'un seigneur qui ne confie pas de terres à un héritier adulte. Pour remédier à celà, le Duc pourrait se séparer du comté de Lleida ou confisquer celui d'un de ses vassaux (mais ça ne risquerait guère de leur plaire), mais aucune de ses solutions ne lui semblent satisfaisantes. Il décide donc d'agrandir rapidement son territoire et choisit pour cible le Sheikdom d'Albarracin, petit territoire indépendant n'ayant pour alliée que la lointaine république de Cordoue.

Peu après que la construction des terrains d'entrainement ait été terminée, et alors que les techniques du siège du régiment de Barcelone viennent d'être améliorées, Ramon estime son duché prèt à la guerre. Il rassemble ses troupes et l'host de ses vassaux dans la province de Lleida, et le 13 mars 1068 déclare la guerre au Sheikh.

guer1068.JPG

Les forces du duc sont en net surnombre, il aligne plus de 2500 hommes dont pas moins de 330 chevaliers contre 600 hommes et aucun chevalier du coté du Sheikh. Mais son allié, la république de Cordoue, dispose de plus de 3000 hommes et déclare la guerre à Barcelone, tandis que le roi de Castille "oublie" d'honorer son alliance avec Ramon.

Les forces du sheikh sont écrasées avant l'arrivée des renforts, et dès la ville prise, le duc l'annexe sans autre forme de procès. Mais décidé à venger son allié, Abd al-Malik, le gouverneur de Cordoue débarque à Barcelone et met le siège à la ville. Durant l'année 1069 il inflige deux cruelles défaites aux troupes du duc tentant de le rompre. Par chance, la riche petite république cordobane attire les convoitises du puissant Emir de Tolède, qui profite de l'absence des forces du gouverneur pour lui déclarer la guerre. Pressé de retourner défendre son territoire, Abd al-Malik accepte alors de conclure une paix blanche avec Barcelone. Le comté d'Albarracin, comme prévu est confié à Pédro, qui est remplacé au poste de connétable par un jeune noble du nom de Bernat de Bessalu.

conseil.JPG

Pendant qu'il était à la tête de ses troupes, Ramon ne s'est pas privé de déflorer quelques pucelles, ce qui n'a guère plu à sa femme, Almodis dite la Veuve Noire. Agée de 58 ans, la duchesse qui a déjà écumé toutes les cours d'Europe, enterrant ses deux précédents maris, ne s'en laisse plus compter et se verrait bien se débarasser aussi du troisième. Elle décide de tourner ses conseillers contre lui, et obtient le soutien de la vieille Adelaïde de Bessalu, mère du nouveau connétable, qui dirigeait les services d'espionnage du duché. Craignant qu'on atteinte à sa vie, Ramon n'a d'autre choix que de remplacer dans l'urgence Adelaïde, nommant maître espionne sa fille aînée Agnes qui vient tout juste de fêter ses 16 ans. Mais Almodis n'a aucun mal à convaincre sa fille elle aussi de prendre son parti.

Devant la menace d'être assassiné par ses propres agents, le duc doit absolument changer de nouveau de maître espion. Hélas il n'a que des incompétents ou des déloyaux ligués avec sa femme sous la main. Pour écarter Agnes de ce poste, il la marie avec un seigneur étranger, et le duché se retrouve durant quelques années sans personne pour diriger ce service. Ramon en est fort marri, s'il avait eu un bon maître espion il l'aurait volontiers chargé d'assassiner sa femme, mais en l'absence d'un tel serviteur, les risques lui semblent trop grands.

assassinat.JPG

Les deux harpies, Almodis et Adelaïde continuent leurs manigances et parviennent en 1070 à convaincre Bernat le connétable de rejoindre les rangs des conspirateurs. Faute de mieux, Ramon le remplace par son second fils, prénommé Ramon Berrenguer comme son père, un tout jeune homme qui n'a même pas terminé ses études militaires.

C'est alors que le duché est fort affaibli par la conjuration des harpies que le roi de France décide de faire valoir ses revendications au titre de comte de Rosello. N'écoutant que son courage, Ramon entre en guerre pour soutenir son vassal, ce qui lui vaut une déclaration de guerre de la part de l'Empereur d'Allemagne allié des français. Evidemment, Sancho Jimenez de Castille, toujours théoriquement allié au duc mais aussi son rival se garde quant à lui d'entrer dans le conflit.

Sachant qu'il n'a guère de chance de vaincre la coalition des deux plus puissants royaumes d'Europe, Ramon décide d'offrir tout son trésor à la France pour obtenir la paix. Le roi de France étant seul à avoir des revendications dans la région, le duc pense obtenir une paix blanche de celui d'Allemagne une fois que son allié ne sera plus de la partie. Pour les 82 pièces d'or qui restaient dans les coffres du duc, la France accepte une trève avec lui et son vassal. En revanche Otto Von Franken d'Allemagne ne veut rien entendre, il semble clair que la seule offre qu'il accepterait sans combattre serait la vassalisation du duché. L'idée de préter hommage à ce puissant mais lointain empereur est envisagée un moment, mais le duc est trop épris d'indépendance pour y céder.

Il préfère mobiliser ses troupes et attendre de pied ferme les allemands. Il offre même asile à Friedrich of Franken un noble exilé par son cousin l'empereur car il avait des prétentions au titre de comte de Franken. Ce Friedrich est fait maître espion de Barcelone, et plus tard aura droit à la main de Sancha, la seconde fille du duc.

Aux premiers jours de 1071 les voiles de navires portant le pavillon impérial sont aperçues au large de Barcelone.

(à suivre...)


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