(suite du compte-rendu de partie de Crusader Kings Deus Vult !)
Otto Von Franken n'étant en guerre que contre lui, pas contre ses vassaux, Ramon est certain qu'il débarquera directement à Barcelone. Il y rassemble la majeure partie des armées du duché, environ 2000 hommes, tandis qu'un millier d'autres se tient en réserve à Lleida, prévoir des renforts qui arriveront reposés et le moral intact en cours de bataille est toujours une bonne idée.
Le 6 mars 1071 Otto débarque en personne, accompagné de 3 régiments totalisant environ 4000 hommes, pensant que ce net avantage numérique sera suffisant pour l'emporter. Mais si ça aurait sans doute été le cas dans une bataille purement terrestre, il est autrement plus dur de réussir un débarquement. La bataille fait rage durant 18 jours sur les plages de Barcelone. Elle menace d'être perdue par les forces ducales, quand arrivent les renforts qui s'étaient mis en marche avant même qu'un allemand ne foule le sol barcelonais, menés par le connétable Ramon Berenguer junior. Lequel, qui vient juste d'achever sa formation militaire accomplit plusieurs exploits héroïques, en retirant un large prestique et une sagesse nouvelle. Les armées de Barcelone subissent des pertes importantes, environ un tiers de leurs forces, mais finalement, malgré la fuite des régiments de deux des vassaux du duc, les allemands sont vaincus et exterminés, leurs chefs seuls parvenant à regagner les navires.
Une nouvelle offre de paix blanche est immédiatement envoyée, mais Otto s'entête et refuse. N'ayant pas les moyens d'entretenir ses troupes en attendant le retour des allemands, le duché qui avait offert toutes ses liquidités à la France commençant à être gravement endetté, Ramon disperse son armée. Il sera toujours temps de rassembler un nouvel Ost si ses ennemis reviennent.
En attendant, le duc Ramon s'occupe en entretenant une correspondance avec les seigneurs de la région, ce qui lui vaut de fraterniser avec le roi de Léon avec
qui il échange de nombreux courriers critiques au sujet de son frère le roi de Castille, théorique allié du duc devenu son rival. Ramon regrette beaucoup de ne pas avoir choisi de s'allier au bon
roi, hélas en ces temps de chevalerie on ne s'engage dans une alliance que pour la vie.
Au palais, la conspiration des harpies se calme avec la mort de la vieille Adelaïde de Bessalu. Almodis tente bien de retourner ses nouveaux conseillers contre le duc en 1071,
mais ils ne l'écoutent pas ; quant à l'ex-connétable Bernat il retrouve peu à peu sa loyauté envers la couronne ducale, et sera rétabli à son poste fin 1078.
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.Par ailleurs le duc constate avec un mélange d'amusement et d'inquiétude que son héritier Pedro a également quelques problèmes avec sa propre femme, laquelle devenue folle
est désormais sa rivale. Il semblerait qu'il soit de famille de faire des marriages malheureux.
Alors qu'on attend toujours le retour des allemands, qui s'obstinent à refuser la paix, c'est de l'ouest que vient une nouvelle menace : le sheikh de Taragona, vassal de l'émir de Saragosse, décidé à rendre aux musulmans la province d'Albarracin déclare la guerre à Pedro en septembre 1071. Ramon décide évidemment de soutenir son fils, ce qui lui vaut une déclaration de guerre d'Ahmad Abu Dja'far de Saragosse et de son allié l'émir d'Almeria. Pour une fois le roi de Castille se joint au conflit, et déclare même la guerre à l'autre vassal de l'émir, le sheikh de Catalayud.
Les forces ducales fondent sur Taragone et après avoir défaites les armées du Sheikh s'emparent de la ville en décembre 1071, et la province de Taragona est immédiatement annexée, et confiée au troisième fils du duc, qui vient d'atteindre sa majorité et de revenir de la cour où il était page. Pendant ce temps, une rude bataille opposent à Catalayud l'armée de Castille et celle de l'émir. Ramon en profite pour aller mettre le siège à Saragosse.
Mais l'apparition de nouvelles voiles allemandes au large de Barcelone incite le duc à conclure la paix avec les mahométans aussi vite que possible. Il lui offre donc une paix blanche. Ahmad Abu Dja'far l'accepte en avril 1072, au lendemain de la chute de sa capitale ; fidèle à sa parole le duc ne peut qu'accepter de la restituer, mais a désormais une revendication sur le titre de comte de Saragosse. Le roi de Castille quant à lui subit une cruelle défaite à Catalayud, et plutot que de poursuivre seul le conflit signe également une paix blanche.
Les armées ducales repartent aussi vite que possible vers l'est, où 4000 allemands ont mis le siège devant Barcelone. Le duc en aligne à peine 2000 et s'attend à une bataille désespérée. Mais le sort va en décider autrement : faisant face à domicile à une révolte de ses grands vassaux, Otto Von Franken voit les régiments de ses ducs déserter subitement, et se retrouve avec à peine 1200 hommes à l'arrivée de Ramon. Les allemands sont de nouveau vaincus et acceptent enfin en juillet 1072 la paix avec Barcelone.
Fêtant cette victoire inespérée, Ramon, qui n'a pas touché sa femme depuis des années, s'éprend de plusieurs bergères et même de leurs moutons, gagnant un nouveau trait de caractère et deux batards dans les mois suivants.
Barcelone n'est plus en guerre que contre le petit émirat d'Almeria, qui ne controle qu'une province, loin au sud, et dont les armées sont probablement occupées ailleurs, vu
qu'il est également en guerre contre son puissant voisin l'émir de Majorque. Il s'obstinera pourtant à refuser la paix avec Barcelone, jusqu'à ce que son petit territoire soit annexé par Majorque
en 1073. D'autres guerres fratricides déchirent les principautés maures du sud de l'Espagne. Depuis l'annexion de Cordoue et de Molina en 1069, l'émirat de Tolède, allié à celui
de Grenade, a à faire face à une coalition des deux autres puissances musulmanes, Séville et Badajoz. Dans cette guerre qui dure depuis quatre ans, le grand perdant est l'émir de Grenade, dont le
territoire se réduit comme peau de chagrin. Quelque part cette guerre est pain béni pour les catholiques qui peuvent jouir d'une certaine tranquilité, mais le duc envisage aussi avec inquiétude
la nouvelle puissance de Séville, qui s'étant emparé de Cordoue et de la plupart des provinces de Grenade, menace de dominer durablement la région.
Ramon envisage d'en profiter pour attaquer son voisin de Tolède, mais les caisses sont vides et le duché éprouvé par des années de guerre. Il décide donc de laisser les mahométans en paix pour le
moment.
Il s'avère d'ailleurs qu'il aura bien plus de problèmes du coté de la chrétienté : en 1074 le pape menace de l'excommunier s'il ne transforme sa loi religieuse en "suprématie de l'église". N'ayant guère envie de l'être, Ramon n'a d'autre choix que d'accepter. Cette loi prive le duché des impots dont s'acquitaient les religieux, et de toute autorité sur la nomination des évèques, mais c'est tout de même moins grave que de voir ses relations avec tous les souverains catholiques se dégrader.
Le pape
propose peu après à Ramon la nomination d'un évèque, qui s'avère très sympathique, il deviendra l'ami du duc avec qui il fera la tournée des bergeries.
Connaissant enfin deux années de paix, le duché, bien quetoujours gravement endetté, voit ses provinces s'enrichir et devient plus stable en 1075. De nombreuses découvertes
scientifiques en provenance des provinces anciennement musulmanes, plus avancées, atteignent Barcelone, qui devient l'une des capitales les plus avancées du monde catholique.
Malgré ses dettes, le duc refuse d'accabler ses paysans d'impots exceptionnels, ce qui menacerait de faire retomber sa stabilité. Cette générosité nouvelle devient un de ses traits de caractère en 1076.
Mais un seigneur trop gentil a du mal à asseoir son autorité. Ses voisins questionnent ses prétentions au titre de comte de Saragosse. Comme de toutes manières il n'y a pas besoin de revendication pour déclarer la guerre à un ennemi religieux, Ramon accepte d'y renoncer.D'ailleurs en 1077 la trève avec Saragosse se termine, et Ramon décide de montrer au monde qu'il n'a guère besoin de revendication pour s'en emparer. Saragosse étant en guerre contre Tolède et la Navarre il est d'ailleurs urgent de le faire, il risquerait de n'en rien rester.
Ce que le duc a oublié, c'est de vérifier que l'émir n'avait pas d'allié. Il s'avère qu'il est celui du puissant émir de Séville, qui déclare derechef la guerre à Barcelone.
Heureusement, les finances ducales venaient de se rétablir. Pas téméraire, Ramon offre tout le contenu de ses coffres, 43 pièces d'or, au Sevillan qui en retour accepte de renoncer à l'affronter
(il fera par contre payer cher à la Navarre d'avoir attaqué Saragosse, lui prenant sa capitale).
Saragosse est annexée sans trop de problème en aout 1077 ; quant au sheikh de Catalayud dernier vassal de l'émir il voit son domaine tomber entre les mains de l'émir de Tolède, qui le perdra quelque temps plus tard au profit de Séville.
Tandis que le duc fête sa victoire, la vieille Almodis reprend ses complots, et parvient à convaincre son fils Ramon Berenguer junior de conspirer contre son père. La loyauté de l'ancien conspirateur Bernat s'étant entre temps rétablie, le duc lui restitue le poste de connétable.
Cette fois c'est décidé il faut faire assassiner la mégère. Le duc prend la décision de l'éliminer dès qu'il aura les moyens de payer un assassin. Mais sa femme le privera de
ce plaisir, décédant de mort naturelle aux premiers jours de 1078.
Dès le lendemain, pour bien marquer qu'elle ne mérite pas qu'il porte le deuil, le duc entreprend la recherche d'une nouvelle épouse et, décidé à profiter de ses vieux jours, choisit une jeune beauté russe réputée pour son hédonisme.
Cette décision entrainera la fin du duc qui consacrera ses derniers mois à honorer sans relache sa nouvelle femme, et décèdera dans son lit à l'age de 58 ans, peu après lui avoir fait un enfant.
Ainsi se termine le règne du duc Ramon, quant à celui de son fils Pédro, je le relaterai peut être un autre jour.
Pour l'instant j'ai été obligé d'abandonner cette partie dans l'attente d'un patch, un bug récurrent plantant le jeu aux alentours de l'an 1100. :(((
