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  • : J"ai commencé à envisager de tenir un blog pour me motiver à reprendre un vieux projet de roman en le publiant au fur et à mesure en ligne. Mais finalement j'ai envie de publier bien d'autres choses, allant de textes humoristiques à des articles politiques en passant par des contes, des critiques diverses, du "je raconte ma vie" et des comptes-rendus de parties de jeux de stratégie. Faire de ce blog un pot pourri de tout ce qui m'intéresse en résumé.
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Un blog susceptible de parler de tout et de rien, comme son nom l'indique.

Dimanche 14 octobre 2007
publié dans : Mes textes de contes

Il était une fois un petit singe qui avait à peine une semaine. Une semaine, pour un petit singe, c'est l'age où on ouvre ses yeux sur le monde. Il a décidé d'ouvrir les yeux et il a vu que le monde était beau. Il y avait une grande étendue bleue au dessus de lui, et dedans une grosse boule jaune, et aussi des espèces de tiges vertes et molles à ses pieds (enfin ses mains d'en bas). Puis pas loin, à quelques pas de lui, quelque chose qui coulait en faisant beaucoup de bruit, un liquide translucide mais qui avait pris la couleur de la terre qu'il portait, de l'eau qui s'étendait à perte de vue. C'était un grand fleuve. Et voir tout ça, ça a donné au petit singe l'envie d'explorer ce monde qui était si grand et si beau. Alors il s'est dit que c'était peut être le moment d'apprendre à marcher. Et il s'est mis à avancer le long du fleuve, d'abord à quatre pattes comme font les singes, puis il a appris a replier sous ses aisselles ses deux bras du haut; pour marcher sur deux pattes, comme font les hommes (enfin, tous les hommes ne replient pas leurs bras).

Et il a marché, longtemps, le long du fleuve, jusqu'au moment où il s'est retrouvé nez à nez avec un étrange objet. C'était comme un mat, très haut, tout droit, avec en haut de grandes feuilles vertes et des petites boules marron. C'était un arbre, et c'était pas nimporte quel arbre : c'était un palmier-dattier et le petit singe a senti une odeur toute sucrée qui descendait de ses fruits. Il s'est dit, j'ai appris à ouvrir les yeux et à marcher, ce serait peut être le moment d'apprendre à grimper aux arbres, et il a l'appris. Arrivé en haut, il a pris un des petits fruits tout marron tout brillants qui sentait si bon, il l'a regardé, et ça avait une si bonne odeur qu'il s'est dit que c'était encore plus beau que le reste. Il l'a mis dans sa bouche... C'était sucré... Et... CRAC. Y'avait une espèce de caillou dans ce fruit qui était si beau, et il avait manqué de se casser une dent ! Le petit singe ça l'a ennervé, alors il a fait un petit jeu de singe : il a mis le noyau dans sa bouche, il a gonflé ses joues, il a tapé dessus, et plouf il l'a craché dans le fleuve, où ça a fait des ronds dans l'eau de plus en plus grands. Le petit singe ça l'a fait rire, et il s'est dit que la vie ne commençait pas si mal que ça, il avait appris à ouvrir les yeux, à marcher, à grimper aux arbres, et surtout que tout ce qui est beau est bon, si on enlève le noyau qu'il y a dedans.

Alors il a pris une autre datte, il l'a regardée, il l'a ouverte, retiré le noyau qu'il y avait dedans, a mis le noyau dans sa bouche, a gonflé ses joues... plouf, puis il a mangé la date en regardant les cercles s'aggrandir dans l'eau. Alors il a pris une autre datte, l'a ouverte, retiré le noyau qu'il y avait dedans, a mis le noyau dans sa bouche, a gonflé ses joues... plouf, puis il a mangé la date en regardant les cercles s'aggrandir dans l'eau. Et une autre datte, noyau dans sa bouche, gonflé les joues, plouf, mangé la datte. Et une autre car il était gourmand, gonflé les joues, plouf, mangé la datte. Et encore une autre, ça l'amusait trop, il a mis le noyau, gonflé ses joues... CRANG !

En bas, flottant sur le fleuve, il y avait gros crocodile qui avait refermé ses machoires sur le noyau de la datte !

- Eh mais t'es fou, as dit le petit singe, c'est les dattes qu'il faut manger, pas les noyaux. Regarde je vais t'envoyer une datte sans noyau, tu vas voir que c'est bien meilleur qu'un noyau sans datte.

- Envoie toujours, moi je croque tout ce qui bouge.

Et le petit singe a pris, une datte, gardé le noyé et envoyé le reste au crocodile, mais ce dernier n'a pas trop aimé.

- Mais c'est tout gluant ce fruit ! Ca colle aux dents, puis c'est trop sucré, c'est surement pas bon pour ma machoire ! Le noyau c'était mieux, ça craque comme un petit os. Je préfère encore les noyaux sans datte aux dattes sans noyau.

- T'ennerve pas, a dit le petit singe, si tu aime les noyaux sans dattes et moi les dattes sans noyau, on est fait pour s'entendre...

Et c'est comme ça que le petit singe et le crocodile sont devenus amis. Tous les matins le crocodile remontait le fleuve, allait s'installer en bas de l'arbre. Et le singe cueillait des dattes, les ouvrait, envoyait les noyaux au crocodile, mangeait les dattes.... Et entre deux dattes ils discuttaient, ils se racontaient des histoires. Le crocodile qui était déjà grand parlait au petit singe de sa femme et de ses enfants...

Cette histoire aurait pu se terminer là, et très bien, si le crodile justement n'avait pas eu une femme. Un jour, en descendant le fleuve pour rentrer chez lui, il a trouvé sa femme, furieuse devant son logis.

- Qu'est ce qu'il y a ma femme ?

- Ne fais pas l'innoncent. Je sais bien que tu vois une autre femme crocodile en cachette !

- Mais pas du tout !

- Alors qu'est ce que tu fais à passer tout ce temps plus haut sur le fleuve ?

- Ben... Je suis avec mon ami le singe.

- Quoi ? Tu fréquente des singes maintenant chéri !? Mais tu tourne mal, un bon crocodile, ça reste entre crocodiles.

- Mais heu... Il est gentil... On s'amuse bien...

- Et qu'est ce que tu fais, de si intéressant avec ce singe ?

- Ben euh... On mange des dattes

- Quoi ? Tu mange des dattes chéri !? Mais tu tournes vraiment mal ! Nous autres crocodiles c'est pas des fruits qu'on mange, c'est de la viande !

- Je mange euh... juste les noyaux...

- Et...? Tu pense que ça mange des noyaux de fruits un vrai crocodile ? Tu sais ce que tu vas faire pour me prouver que tu es un crocodile, un vrai ? Tu vas me ramener le coeur de ce petit singe, et on va le manger tous les deux !

Le crocodile savait bien qu'il n'avait pas le choix. S'il disait non, sa femme allait pleurer de grosses larmes de crocodile, et crier encore plus fort... Alors, résigné, il a remonté le fleuve pour aller chercher le coeur du petit singe.

Le petit singe, lui, était tranquille dans son arbre. Il cueillait des dattes, il jonglait avec, de temps en temps il en ouvrait une, et il faisait un petit jeu de singe... Plouf ! Il regardait les cercles dans l'eau après avoir craché un noyau, et c'est là qu'il a vu arriver son ami crocodile.

- Eh crocodile ! Je suis en train de cueillir des dattes, tu veux manger les noyaux ?

- Non, aujourd'hui on va manger chez moi !

Le petit singe était toujours heureux de découvrir des choses nouvelles, il était tout excité à l'idée de manger chez les crocodiles. Il est descendu très vite de son arbre, il a sauté sur le dos du crocodile et ils ont commencé à descendre la rivière.

- Mais dis moi dis moi, qu'est ce qu'on va manger chez toi ?

- C'est une surprise. T'occupe pas !

- Parce que si par exemple on mange des dattes, j'aurais pu cueillir un gros panier de dattes, puis j'aurais mangé toutes les dattes et vous les noyaux.

- Je te dis t'occupe pas !

- Non mais tu sais je suis curieux, moi j'ai jamais mangé chez les crocodiles, vous faites comment la cuisine, c'est ta femme qui prépare ou c'est toi ?

- T'o-cu-ppe pas !

- Ouais, mais j'aimerais quand même bien savoir ce qu'on mange, c'est important de savoir ce que mange, tiens tu sais, la première fois que j'ai mangé une datte, je me suis fait très mal avec le noyau...

- Bon...Tu veux vraiment savoir ce qu'on mange ? On va manger ton coeur petit singe !

Le petit singe avait peut-être 15 jours, il s'est quand même dit "celui là s'il veut manger mon coeur, c'est peut être pas un vrai ami", et il a réfléchit très vite, et il a répondu...

- Ben ça c'est embêtant, ça va pas être possible, fallait le dire plus tôt !

- Comment ça ?

- Ah oui, c'est vrai tu peux pas savoir, tu es un crocodile, on est pas fait pareils. Vous autres crocodiles, vous allez tranquillement, doucement, au fil de l'eau. Mais nous autres les singes on courre, on escalade, on saute de branche en branche, de liane en liane. Alors forcemment on peut pas s'encombrer. Pour ça qu'on a un truc : notre coeur on le prend, on le laisse dans notre arbre, et comme ça on peut gambader et bondir tant qu'on veut... Mais si tu veux je vais te le chercher. Ca sert à rien un coeur de toutes manières, ça bat toujours trop vite ou pas assez, pas de problème si tu veux le manger.

Le crocodile ne s'en croyait plus de joie, non seulement il allait pouvoir manger le coeur du petit singe, mais en plus il allait rester son ami. Il a tout de suite fait demi-tour pour le ramener à son arbre. Il l'a déposé sur la berge, le petit singe est monté et une fois en haut de l'arbre, il a pris une datte, il l'a regardée, il l'a ouverte, retiré le noyau qu'il y avait dedans, a mis le noyau dans sa bouche, a gonflé ses joues... plouf, et il a mangé la date en regardant les cercles s'aggrandir dans l'eau. Puis il a pris une autre datte, l'a ouverte, retiré le noyau qu'il y avait dedans, a mis le noyau dans sa bouche, a gonflé ses joues... plouf, et il l'a mangée, et une autre datte, retiré le noyau, gonflé ses joues... plouf ! mangée, et encore une autre datte... plouf ! et une autre... plouf !

Et si vous ne me dites pas de m'arréter et continuez comme ça à me regarder... vous allez finir comme le crocodile qui l'attend toujours au pied de son arbre.

 

 

___________________

origine : conte traditionnel africain (existe aussi dans le folklore indien)

version : réécrite de mémoire aujourd'hui

___________________

Tant que j'y suis à publier mes vieilles histoires d'animaux... Peut-être le conte que j'ai dit le plus de fois. 

Ma version de cette histoire est issue de celle de Charles Piquion, entendue il y a une quinzaine d'années lors d'un concours de conteurs à Chevilly-Larue. Retenue dès la première écoute, j'ai tout de suite eu envie de transmettre cette histoire, et elle a fait partie depuis de toutes les représentations de Jungleries. Quelque part j'ai un attachement particulier pour ce conte, dans la mesure où c'est un des rares que j'aie appris par transmission orale plutot que dans un livre de contes. Au fil des conteries, mon texte s'est évidemment beaucoup éloigné de l'original, à part son introduction que j'ai à peu près gardée, et certains gestes peut-être, il ne doit plus y avoir beaucoup de rapports entre nos manières de la conter, 

J'en ai lu des versions écrites mais bien plus tard. Il y en a bon nombre, avec pas mal de variantes, notemment une indienne où le singe mange des mangues, une où le crocodile est purement mauvais (il n'y a pas la scène avec sa femme, il veut juste manger le coeur du singe par plaisir) et d'autres où le singe et les deux crocodiles ont des noms (Naoko, Kitéou et Kattouba, dans un livre pour enfants feuilleté récemment, j'ignore si ça relève d'une vraie tradition ou s'ils sont juste choisis pour faire africain)ou tournées comme une fable, avec un chatiment pour le crocodile et une morale à la fin.


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Samedi 13 octobre 2007
publié dans : Mes textes de contes

La petite colombe était triste. Son ami le merle n'était pas venu au rendez-vous. Elle lui avait dit "à midi au sommet du grand chène". Elle avait attendu une heure, deux heures, trois heures... Toujours pas de merle.

Mais comment lui, son plus tendre ami... Lui qui lui plaisait beaucoup plus que le coucou ou le rouge-gorge, mille fois plus que le corbeau, vraiment pas beau... Comment avait-il pu l'oublier... L'abandonner... La trahir... La mépriser ? La petite colombe terriblement triste était partie pleurer en haut d'un cerisier.

Et elle pleurait, pleurait, toutes les larmes de son corps, sans plus rien voir des arbres en fleurs.

Quand soudain, comme lointain à travers ses pleurs, elle entend un battement d'aîles. C'est le corbeau qui vient de se poser à coté d'elle, le corbeau qui déjà la prend sous son aîle...

- Dis moi petite colombe, pourquoi es tu triste et seule, toi qui es si belle ?

La colombe se dit : le corbeau n'est pas bien beau, mais c'est un ami, lui.

Alors elle lui a tout raconté. Elle a parlé, elle a pleuré, et encore parlé et encore pleuré, tout le reste de la journée... et à la fin le corbeau lui a dit :

- Tu sais moi aussi je suis triste et seul.

- Euh... Corbeau... Tu sais, j'en ai bien assez avec mes propres problèmes pour aujourd'hui. Mais, disons, si tu veux, on peut se voir demain pour parler des tiens.

- Je comprends, quand tu veux, je ne veux pas t'obliger.

- Disons demain, à midi, sur le peuplier, tu y seras ?

- Merci beaucoup ! J'y serai tu peux compter sur moi.

Et le corbeau est reparti d'un vol gai, tout heureux qu'il était d'avoir rendez-vous avec une si belle colombe.

La colombe rentre à son nid. Son nid qui est tout froid et tout vide. Ah maintenant, même le corbeau lui manque, presque autant que le merle.

Elle se remet à pleurer. Quand, tout d'un coup...

- COUCOU !

C'est son vieux copain le coucou, un peu marginal, un peu errant mais si marrant.

- COUCOU ! Je sais pourquoi tu pleures, COUCOU ! Tu es toute seule dans ce nid, COUCOU ! COUCOU ! Partage le donc avec moi, sois ma mie !

Ooh... Comme il était gentil. La petite colombe elle lui a dit "oui". Et ils ont passé la nuit ensemble, à coucouter, à roucouler... Et le matin c'est le coucou qui s'est levé le premier :

- COUCOU ! COUCOU ! C'est pas tout ça, COUCOU ! Il faut que j'aille chercher mes affaires, moi, COUCOU ! Si je veux m'installer chez toi.

Sans même lui laisser le temps de répondre il s'est envolé; et a peine le coucou parti, la petite colombe se dit :

"Oulalalala, dans quoi je me suis embarquée ? Il va falloir que je supporte ses "coucou ! coucou ! coucou !" à longueur de journée. Heureusement, j'ai rendez-vous avec le corbeau, peut être saura-t-il me conseiller..."

Et elle part à tire d'aîles vers le peuplier.

Mais à mi-chemin elle est interceptée.

- Ma où va tou pétite colombe, pourquoi es tou si pressée ?

C'est le rouge-gorge, la gorge chaude du quartier.

- Je vais voir mon ami le corbeau sur le peuplier.

- Quoi, tu vas voir ce vieux déplumé ? Mais, douce petite colombe... Si tu as besoin d'amitié... Ou d'autre chose... Choisis plotot un bel oiseau au plumage coloré, au vol gracieux, au chant harmonieux.... Allez viens, petite colombe, allons nous promener.

La petite colombe se dit "c'est vrai qu'il est beaucoup plus beau que le corbeau, et en plus il ne dit pas "coucou" à longueur de journée...".

Elle a accepté et ils ont passé l'après-midi à planer ensemble, au dessus de la forêt. Et c'était beau et c'était bien.

Le soir venu, le rouge-gorge raccompagne la petite colombe à son nid.... Où ils trouvent le coucou en train de s'installer, avec ses quinze malles et ses trois coffres.

- Que fais tu là ? Pars d'ici, squatteur, profiteur, sans-logis, lui hurle le rouge-gorge.

- Mais... COUCOU ! Mais... COUCOU ! Mais c'est la petite colombe COUCOU ! qui m'a invité !

- Oh, écoute, coucou, dit la colombe après une hésitation... Je traversais une mauvaise passe, tu en as profité, maintenant pars, je suis avec le rouge-gorge.

Et le coucou, dépité, remballe ses malles et ses coffres et s'en va ailleurs coucouter.

- Et moi, douce colombe, je peux rester ?

Mais, un peu honteuse, la colombe ressent soudain "un terrible besoin de solitude... Mais on peut remettre ça à demain, midi sur le cerisier, tu es d'accord ?"

- OK j'y serai, tu peux compter sur moi.

Le lendemain, la colombe se fait belle et part pour le rendez-vous.

Mais juste avant d'atteindre le cerisier, elle voit sur une branche... Le merle ! Et là elle oublie tout, s'approche de lui, se met à roucouler :

- Merle, mon ami... Pourquoi, pourquoi n'es tu pas venu sur le grand chène ? Pourquoi m'as tu trahi ?

- Quoi ?

- Notre rendez-vous, l'avais tu oublié ?

- Oh... Je ne savais pas que c'était si important pour toi. Mais dis moi, charmante colombe, tu es toute en beauté...

Elle était si flattée que de blanche, la colombe passe à rose foncé...

... on peut remettre ça à ce soir, ma douce. Disons à minuit, au sommet du grand chène.

- J'y serai, tu peux me faire confiance, je vais tout de suite rentrer chez moi, me faire encore plus belle.

Et elle rentre à son nid, oubliant complètement le rouge-gorge. Son nid devant lequel l'attend le corbeau.

- Dis moi, colombe, tu m'as oublié ? Je voulais te dire que je t'aime...

- Oh, écoute, corbeau... Regarde toi, regarde moi... Mes plumes sont blanches et douces, mon vol est gracieux, mon chant harmonieux. Je suis si belle que je suis faite pour le merle ; le coucou et le rouge-gorge se prosternent à mes pieds. Et toi... Gros et noir, ton cri fait fuit l'hirondelle, tu voles comme un cormoran mazouté... Allons, corbeau, cesse de te ridiculiser, part donc te cacher !

Et le corbeau repartit d'un vol triste.

Cette nuit là, la colombe, après s'être faite encore plus belle, se rend sur le grand chène à minuit, et attend le merle... Une heure, deux heures, trois... Toujours pas là. De nouveau elle est triste, elle se remet à pleurer, elle se sent seule au monde, ne sait plus trop qui aller trouver... Elle n'ose aller voir le corbeau, ou même le rouge-gorge... Puis elle se souvient d'un oiseau qu'on dit fort sage, et qui vit la nuit... Le hibou.

Elle va le trouver, et de nouveau elle passe des heures à parler, à pleurer, à parler, à pleurer, à tout lui raconter, avant de lui demander :

- Pourquoi... Pourquoi le merle, celui que j'aime plus que tout, celui à qui j'accorde toute ma confiance, pourquoi lui, toujours il me trahit, il me déçoit ?

- Ouuh, mais le merle, il n'est pas fouuh, c'est pas un pigeon celui là. En allant vers le grand chène, il a vu sur le peuplier le corbeau en train de pleurer et de coasser, et sur le cerisier le rouge-gorge qui t'attend encore, et le coucou dehors avec ses quinze malles et ses trois coffres. Petite colombe, si tu ne veux pas toujours être déçue... Fie toi non à la confiance que tu accorde, mais à celle que tu mérite !

La petite colombe pleure de plus belle, elle a si honte qu'elle n'est même plus rose foncé, carrément saumon fumé.

- Et toi hibou, oiseau de nuit, tu veux quand même être mon ami ?

Mais le hibou, qui lui est un carnassier, le hibou, pas fou, tout de suite l'a mangée.

 ______________________________

Origine : de moi
Version : non datée (vers 95), texte original retouché après avoir été raconté
_______________________________

Un autre des contes de Jungleries, et un des tout premiers textes que j'aie écrit pour le conte. Il y a eu beaucoup de versions de cette histoire et de variations dans ma manière de la conter, je me rappelle d'une plus courte versifiée pour sonner comme une fable, et une plus longue avec des descriptions ; dans certaines, soit le rouge-gorge soit le merle étaient remplacés par un rossignol ; a existé aussi une adaptation en sketch théatral.

L'interprétation des personnages fait pour moi le sel de ce genre d'histoire plus que son intrigue ou sa morale assez convenues. Le corbeau timide et amoureux qui doit toujours avoir l'air mal à l'aise sauf quand il bondit de joie en remerciant la colombe de sa voix rocailleuse, le coucou toujours gesticulant et survolté, le rouge-gorge que je joue généralement sur le mode sédouctor latino, le merle plutot genre mauvais garçon parlant avec une voix goailleuse, etc.... Quelque part il faudrait des didascalies pour que le conte conté s'entende à partir de ce texte, mais s'il y avait des didascalies ce ne serait plus un texte de conte, mais un monologue théâtral. Je préfère donc laisser les textes de conte a mi-chemin du conte littéraire et du texte de théâtre, c'est à dire proches de ce qui est dit (je n'élimine pas volontairement les répétitions et les alternances de passages au présent et au passé propres au registre oral) mais sans indications donnant un rôle au conteur (qui en feraient un acteur).


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Vendredi 12 octobre 2007
publié dans : Microcoast - World of Quest (roman)

( World of Quest....  Chapitre I   Entre I et II  Chapitre II  Entre II et III )    

III
SUR LA ROUTE
 
Après une dizaine de minutes de marche à travers les rues commerçantes, et une nouvelle fuite devant le barde cherchant 25 pièces d’or,  j’atteins la chapelle de Timble Rehawed (c’était ça le nom de mon dieu,  il faudrait que j’arrive à le retenir…). Mais pas trace de Galadorn, il a dû survivre au troll.
 
J’hésite à passer chez UPS pour envoyer à mes compagnons un message par boule de cristal. Leur boutique n’est pas loin, installée dans une grosse bâtisse qui fut jadis le siège de la guilde des écorcheurs, transformée en petit centre commercial. Les mages postiers se chargent de vous mettre en contact avec qui vous voulez par boule de cristal, comme d’autres missions postales en utilisant des sorts de transfert d’objets. Sur Terre l’entreprise fait aussi de la livraison de sarcs, proposant ses propres forfaits RealLife, que plusieurs panneaux vantent derrière son stand.
 
Finalement, les tarifs me découragent de le faire, 30 pièces d’or pour un contact d’une minute, les mages d’UPS abusent du monopole qu’ils détiennent à Galadan. Si je pouvais croiser un enchanteur affilié aux Champions, il m’établirait ce contact pour rien, hélas nous n’avons pas beaucoup de mages dans la guilde, et aucun n’est disponible, quelques mouvements de mes doigts me l’ont appris. Commandeur de notre ordre, j’ai accès à la liste de ses membres avec leur localisation, et le plus proche à maîtriser la mise en relation télépathique est Galwizer, en mission de collecte dans la forêt de Tulare. Il doit nous chercher des graines d’Orme Noir pour nos potions de force. 
 
Par la même occasion, j’ai pu voir que Charkass et Gurthanc sont toujours dans le Benerganthil, ils doivent eux aussi être en vie. Je ne peux pas avoir d’informations sur nos autres compagnons, Cyclamidh est affiliée à la Maison de Feneddin, une guilde d’Erintal, une grande cité elfique située à l’embouchure du Tulgandim, loin au nord de Tulare. Quant à Mozzer il n’a plus voulu s’investir dans une guilde depuis la dissolution de la Compagnie Rouge, où nous étions, du temps où j’étais Fenryl et où lui se nommait Rahim. Il n’a jamais rien voulu entendre, il a eu beau nous accompagner dans des dizaines de quêtes il a toujours refusé de devenir un mage affilié aux Champions. Quant à son ancrage, il doit se trouver dans sa chambre du Collège de Gnarley, une école de magie de la côte ouest où il est auditeur libre. L’un et l’autre s’ils sont morts ont probablement utilisé une Résurrection en Place pour ne pas avoir à refaire le trajet,  et doivent déjà être avec les autres. Je veillerai à ce que les Champions les dédommagent s’ils ont eu à en payer une, vu le prix prohibitif de la chose.
 
Mes flèches et mes vivres achetés, je me dirige enfin vers les portes de Galadan, à travers le vieux quartier bordant les murailles. Ici, rien n’a jamais changé. A peine on quitte le Las Vegas des rues marchandes on est replongé en plein Moyen Age… Ses maisons de pierre et de torchis, ses rues dont le centre est une malodorante rigole, ses places aux fontaines sculptées où trouvères et jongleurs enchaînent les spectacles,  ses habitants (beaucoup de Bots ici) vêtus selon leur rang de hardes brunâtres ou de manteaux aux couleurs vives, ses mendiants crasseux qui harcèlent les passants… Ce quartier est comme un sas avant la campagne, on y entre l’esprit plein d’anachronismes et il nous en vide pour qu’on puisse retrouver le vrai monde de Fannerondh.
 
Quand enfin on franchit les portes, on est de nouveau complètement dans sa peau de héros. Je redeviens purement Wird Kerrenec, natif de Galadan, au service de l’Ordre des Champions depuis son plus jeune âge, et au bout d’années d’efforts devenu leur commandeur, et je m’avance fièrement sur la route, en preux chevalier prêt à affronter les dangers d’un univers fantastique, encore magique et sauvage ; ignorant superbement les manants comme ce pot de colle de barde qui vient de me retrouver et tente encore de me convaincre de lui prêter 25 pièces d’or.
 
Si j’avais un cheval je l’éperonnerais un bon coup, que ce gueux disparaisse de ma vue. J’aimerais bien en avoir un, cela irait bien avec mon personnage de chevalier, puis un commandeur devrait pouvoir regarder de haut ce genre de mendiants. 
 
Hélas tout ce qui est monture est hors de prix, bien plus cher même qu’un serviteur Bot humanoïde, et c’est un luxe que je ne peux pas m’offrir, et trop risqué vu comment fonctionnent les montures de nos jours.
 
A l’origine, les chevaux et autres pégases n’étaient pas traités comme des animaux mais comme des objets liés à la personne de leur propriétaire, donc toujours récupérables après une mort, ce qui justifiait leur prix exorbitant. Ce qu’on achetait d’ailleurs dans cette ancienne version des choses, ce n’était pas une monture mais un sifflet, qui permettait d’en invoquer ou renvoyer une à sa guise Elles ne pouvaient être tuées, elles disparaissaient juste quand leur propriétaire l’était, mais il lui suffisait de récupérer le sifflet pour pouvoir les appeler à nouveau.
Mais, toujours demandeuse de plus de réalisme, la RPA avait exigé des développeurs qu’ils revoient leur copie ; que les chevaux et autres animaux de compagnie soient simulés comme des créatures vivantes à part entière. Les rôlistes trouvaient que leurs invocations et disparitions  nuisaient beaucoup à l’ambiance et préféraient donc que les montures soient toujours localisées sur Fannerondh, indépendamment de leur propriétaire. Ils trouvaient également déplorable que leurs fonctions soient limitées à celle de moyens de transport,  sans l’ombre d’une personnalité propre, invulnérables mais passifs lors des combats, totalement soumis à leur maître, ne faisant jamais preuve de la moindre initiative.
Pour une fois, Microcoast n’avait pas trouvé de problème à satisfaire la RPA, car qui disait montures vivantes disait montures mortelles, ce qui ne pouvait que renforcer la demande, et justifier que les prix restent hauts, même si ce qui est vendu désormais s’avère bien moins persistant et pratique.
Finalement, outre bien entendu les actionnaires de Microcoast, ceux qui y ont le plus gagnés, ce sont ceux qui ont eu la bonne idée de faire l’acquisition de sifflets d’appel avant la Mise à Jour 23. L’amendement Montgomery interdisant aux dieux de supprimer ou d’altérer tout objet virtuel ayant déjà un propriétaire, ceux qui avaient une monture ancienne formule, invocable et immortelle, ont pu la conserver. Ce alors que toutes celles désormais mises en vente sont du nouveau modèle,  capables de ruer et dotées d’une personnalité autant qu’un animal peut l’être… Mais aussi très susceptibles d’être tuées au moindre combat. Evidemment,  les sifflets d’appel, que l’on ne trouve plus en vente que de particulier à particulier, ont vite atteint des prix faramineux.  Et l’histoire s’est terminée en scandale au sein de la RPA,  dont bon nombre de cadres, prévoyant la modification, avaient fait l’acquisition de montures première version par dizaines. De quoi se demander si depuis le début leur seul but n’avait pas été spéculatif.
 
Heureusement, à moins de sprinter, on ne se fatigue pas sur Fannerondh. Je peux marcher d’un bon pas une journée sans souffrir d’autre chose que de l’ennui. Je connais comme ma poche le pays que je traverse, la plaine de Galadan où Wird a vécu ses premières aventures. La région, parsemée de hameaux et de fermes, commença à être pacifiée il y a fort longtemps par les Champions,  avant même que j’aie l’âge d’accéder à Quest, et sur la route que j’emprunte on croise principalement des paysans Bots, travaillant pour la cité, et des aventuriers de bas niveau se rendant aux zones de repeuplement automatique des collines de Glazz chasser le gobelin.
 
Il doit être bien laborieux de débuter dans Quest de nos jours. Quand Wird était bas niveau, même si ces terres dépendaient déjà de Galadan, on croisait encore pas mal de monstres errant dans la plaine, et il suffisait de parler à un habitant des hameaux pour qu’il vous propose la quête d’en exterminer.  A une heure ou deux de la ville il y avait moyen de trouver matière à s’expérimenter. Maintenant les nouveaux doivent se rendre directement où les créatures apparaissent, à Glazz ou dans la forêt de Tulare, faire plusieurs jours de trajet pour espérer progresser. 
 
Quelque part c’est le résultat des réussites de ma guilde : toutes les quêtes d’évolution de la zone de Galadan ont été accomplies au fil du temps par ses champions, désactivant le repeuplement des monstres dans toutes les régions dépendant de la cité et faisant sortir de terre encore plus de villages et de fermes.  Mais même si en tant que commandeur j’en retire une certaine fierté, j’ai du mal à ne pas regretter le coté sauvage de la région à mes débuts. L’évolutivité du monde de Quest est appréciable, elle contribue beaucoup à l’ambiance, à notre immersion dans notre peau virtuelle, mais on se prend à regretter, comme sur Terre, que tel endroit qu’on a connu en friche soit maintenant urbanisé. Il est évidemment plus logique de croiser des paysans que des loups sur des terres protégées par les puissants héros que nous sommes, mais tout de même on s’amusait d’avantage quand il y avait des loups.
 
Evidemment, il peut toujours se passer quelque chose. Il y a les conflits entre guildes et les pékas pour mettre de l’ambiance à l’occasion. De temps en temps un raid de ceux de Nastul ou d’autres ennemis s’aventure jusqu’ici, ou quelques détenteurs d’un forfait Player Killer jouent les bandits de grand chemin.
 
Il m’est même arrivé une fois de tomber sur cette route sur une bande de vrais psychopathes. Quatre heureux détenteurs du forfait Full PvP , celui qui donne tous les droits. Le genre de rencontre qui n’est agréable que quand on a le dessus. Quelqu’un qui paye son avatar cinq fois son prix pour avoir le droit de faire ce qu’il veut à qui il veut, généralement c’est un vicieux.  Les sensations ici ne vont jamais très loin dans le désagréable, mais ils savent te faire vivre ce qu’on peut trouver de pire, et faire durer le plaisir. Ils se débrouillent pour te mettre juste hors de combat, te dépouillent, te déshabillent, te crachent dessus, te frappent, t’humilient,  te violent. Ils te fouettent,  te lacèrent la peau t’arrachent les ongles un à un, te plantent des clous dans les gencives… Et ils font tout pour te maintenir en vie aussi longtemps que possible. Il y avait un guérisseur dans le groupe que j’ai rencontré ici, qui à coups de petits sorts de soins m’a fait tenir trois jours. J’ai dû être écorché vif entièrement cinq ou six fois avant d’arriver à mourir. Au fur et à mesure il faisait repousser ma peau.
 
Magnanimes, les concepteurs de Quest ont laissé une place pour toutes les variétés de la nature humaine. Si vous pouvez payer le bon forfait, personne ne s’opposera à ce que vous soyez un psychopathe ici.
Mais si vous ne supportez pas qu’à l’occasion un full PvP s’amuse à vous faire des choses qui lui vaudraient de passer sa vie en prison dans l’autre monde,  ne vous inquiétez pas, vous pouvez payer aussi. Prendre un forfait OCP, qui devrait leur interdire de vous toucher. 
« Devrait », car ces dernières années c’est devenu de plus en plus compliqué. Il ne suffit plus de prendre l’option Only Consensual PvP pour être a l’abris de tous les pékas.  Comme les pékas n’aiment rien autant que de s’en prendre à des gens qui ne supportent pas ce qu’ils font, Microcoast a fini par lancer un forfait Total PvP + permettant d’attaquer même les détenteurs d’un OCP, et comme ces derniers n’aiment rien autant que de pouvoir leur interdire d’attaquer, Microcoast a ajouté  un No-PvP + interdisant même aux Total PvP  d’attaquer. Et on parle maintenant d’un Ultimate PK ++ qui permettrait de s’en prendre même aux No-PvP. J’ai même entendu dire qu’ils réfléchissent à un système en dix niveaux de forfaits.
Vu la demande des deux cotés, Microcoast serait bête de se priver. Elle sait que les pékas ont beaucoup d’alliés à la RPA, qui ne se plaint que des forfaits anti-PvP. Dans l’idéal rôliste, tout le monde devrait avoir les droits que donne un forfait full PvP, dans l’intérêt de la cohérence de l’univers. Pour eux c’est aux joueurs en jeu et seulement à eux qu’il revient de faire appliquer ou non des lois. Croiser des gens qu’il est impossible d’attaquer, ou qu’on peut attaquer mais qui peuvent vous interdire de leur faire subir certaines choses, comme c’est le cas avec le forfait PK de base, c’est contraire à la logique du monde. Les groupes de violeurs sadiques, pour peu qu’ils fassent l’effort de prononcer quelques jurons médiévaux quand ils vous écorchent vifs, c’est très mal vu chez les rôlistes de s’en plaindre.
Quant au pouvoir politique terrestre, il n’a jamais osé légiférer en la matière. Les forfaits PvP ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Détenir un Full PK, c’est souvent un signe d’appartenance à la classe supérieure de l’autre monde, vouloir les interdire ce serait aller contre elle.  Puis l’existence des pékas, ça motive les gens à trimer dans leur vie terrestre, pour pouvoir le devenir ou s’en prémunir. Sous la pression des anti-PvP plusieurs propositions de lois ont bien été rédigées, en particulier contre la nouvelle génération de forfaits +,  mais aucune n’a jamais trouvé de majorité pour la voter.
 
Personnellement, bof … Les pékas je n’aime pas, mais je fais avec. Payer pour interdire à quelqu’un de m’attaquer, c’est pas mon truc.  Parfois je gagne parfois je perd. Au pire ça finit très mal pour moi, comme c’est arrivé une fois, avec ces quatre Full PvP il y a quelques années. Mais bon… Il faut se dire que ce n’est qu’un long et douloureux moment à passer. Et ensuite on leur fait payer. Tant qu’ils sont sur les terres de Galadan, et à partir du moment où ils ont attaqué un de ses citoyens, en tant que champions de la ville nous avons un droit de chasse. Et avec eux on ne s’est pas privés de l’utiliser. On leur est tombé dessus à une quinzaine, avec Mozzer, Gurthanc, toute la bande. On a récupéré tout ce qu’ils m’avaient pris, on s’est partagé tout ce qu’on pouvait leur prendre d’autre, et on a campé a coté de leurs corps trois semaines, les re-tuant chaque fois qu’ils revenaient pour leur interdire de récupérer le reste. Ils avaient plusieurs objets puissants, des armes liées qu’on ne peut dérober sur un corps qu’en ayant soi même l’accréditation Full PvP. Mais ces objets, comme tout le reste, disparaissent au vingt et unième jour s’ils restent sur un cadavre. Ca a du leur coûter plusieurs dizaines de milliers de pièces d’or de s’en être pris à moi. Depuis, les pékas ont l’air de s’être passé le mot, et on n’en a jamais revu attaquer des champions sur nos terres.
 
Je reste néanmoins aux aguets, la main crispée sur mon épée chaque fois que la route passe à proximité d’un bosquet ou de rochers qui pourraient être des lieux d’embuscade. Quand on a été victime, ne serait ce qu’une fois,  d’un groupe de full pékas, on a tout sauf envie de revivre ça.
 
Au fil de ma progression en expérience, j’ai amélioré plusieurs fois ma vitesse, si bien que marchant d’un bon pas je rattrape et dépasse plusieurs groupes de jeunes aventuriers allant dans la même direction. Enfin « jeunes », tout est relatif, j’ai tendance à qualifier ainsi tout personnage en dessous du niveau 10, j’oublie souvent qu’il faut généralement une bonne dizaine d’années ne serait ce que pour atteindre le cinquième, et que par ailleurs certains, qui n’en sont pas à leur premier personnage, avaient peut-être accès à Fannerondh avant même que j’existe.
 
Il y a quelque temps on avait eu un aspirant de ce genre aux champions. Un dilettante comme on les appelle, dont le plus haut personnage avait atteint le niveau 42 et fait partie du cercle dirigeant d’un ordre supérieur du royaume. Un jour il s’était lassé des luttes de pouvoir au sein des hautes guildes. Il avait suicidé son personnage,  laissé le corps de cet avatar pourrir quelque part, changé toute sa fortune en actions, ne gardant que de quoi se payer une nouvelle peau, et était reparti de zéro, pour le plaisir de rejouer à bas niveau.  Il devait en être à son cinquième ou sixième nouveau personnage, tous arrêtés avant le niveau 10, quand il est arrivé à Galadan sous le nom de Brennor.
Je l’aimais bien, c’était quelqu’un qui soignait son apparence et sa manière de parler, à la manière de Gurthanc. Il jouait bien son rôle ce qui changeait des champions de la génération de Charkass. Mais accepter dans nos rangs quelqu’un qui n’aspire qu’à nous laisser tomber avant d’atteindre une puissance qui nous soit utile, ça n’apportait rien à notre ordre. On a fini par l’orienter vers la Ligue de Klam, une petite fraternité indépendante, avec laquelle nous nous entendons bien. Et comme prévu, Brennor a disparu de la circulation quelque temps plus tard, alors qu’il venait d’atteindre le niveau 8. Il doit se balader aujourd’hui quelque part, sous une nouvelle identité, être en train de monter un personnage…. Si ça se trouve il est un de ces « jeunes ».
 
J’ai un peu de mal à comprendre les dilettantes. Si j’ai changé une fois déjà de personnage,  c’est que j’y étais forcé, et si j’ai créé Wird ici c’était avec un objectif contraire de celui d’un Brennor. Avancer dans le jeu plutôt que de me retrouver dans une fraternité sans avenir, pouvoir rejoindre la guilde en charge d’une cité, progresser en son sein, participer aux décisions, aux intrigues politiques, à l’organisation de nos forces pour les quêtes d’évolution et les guerres de guildes, développer et diriger une cité, et un jour sans doute être admis dans un ordre supérieur du royaume, comme Héradayar et les autres commandeurs qui m’ont précédé le furent… Ca me semble tout de même bien plus intéressant que de revivre en boucle les plus bas niveaux, où on ne fait que chasser du monstre errant et accomplir de petites quêtes génériques, sans incidence sur le monde. Non pas que je sois terriblement ambitieux. Tant que les champions ont quelque chose à accomplir, je ne suis pas vraiment pressé de rejoindre le Bouclier Royal ou une autre des hautes guildes,  mais ça me semble le cheminement logique de le faire, et celui qui peut le plus renouveler l’intérêt de mon existence ici.
 
Evidemment ceux qui comme Mozzer préfèrent l’indépendance ou une petite fraternité, s’ils ont des amis guildés, peuvent compter sur eux pour être invités à participer à des aventures intéressantes, ou même passer directement de l’absence de guilde à un ordre supérieur s’ils parviennent à impressionner leurs recruteurs. Mais refuser de passer par un ordre municipal c’est se priver d’un aspect passionnant de Quest. Se sentir faire vraiment partie de monde,  être attaché à sa cité et au groupe qui la défend, s’investir jusqu’à ressentir un réel amour de ses membres, une vraie haine de ses ennemis... Ca se trouve difficilement ailleurs.
Le sentiment d’appartenance qui se crée dans les guildes municipales est si fort qu’il n’est comparable à aucun autre. Les  fraternités libres, ou autres confréries de classe,  guildes des voleurs ou académies de mages,  ne sont que des regroupements d’aventuriers qui chassent ou étudient ensemble, rien de plus. Un peu d’entraide éventuellement, dans l’intérêt bien compris de la progression de chacun, mais pas de vrais liens, d’objectif collectif, de politique ayant des effets sur le monde, d’alliés et d’ennemis.  Les hautes guildes des royaumes, inversement,  sont là où se prennent des décisions qui affectent des milliers de personnes, mais sont si élitistes et en charge de régions si vastes, qu’à ce qu’on dit on n’y retrouve guère la solidarité d’un ordre comme les Champions. Leurs membres, généralement issus de guildes municipales, consacrent plus de temps à intriguer les uns contre les autres, dans l’intérêt de leurs cités d’origine respectives ou de leurs fiefs personnels, qu’à réellement servir leur ordre ou le royaume.
 
D’ailleurs la correspondance que j’entretiens en tant que commandeur avec les anciens Champions devenus membres du Bouclier Royal, et ceux qui ont préféré les Serviteurs de la Couronne ou l’Ordre des Sept Sphères, me montre qu’aucun d’entre eux n’oublie Galadan. Héradayar, notre ancien commandeur maintenant influent au Bouclier Royal, a fait beaucoup pour en évincer les partisans de ceux de Nastul. Quant à Berrenguer, jadis premier officier des mages affiliés aux Champions, et récemment admis aux Sept Sphères,  il n’a pas hésité à leur dérober plusieurs livres de sorts pour les faire parvenir à nos membres. Il n’y a que Sertelm, notre avant-dernier commandeur,  pour refuser d’user de sa place aux Serviteurs de la Couronne dans l’intérêt des Champions. Il faut dire qu’il a passé son existence parmi nous dans l’ombre du grand Héradayar,  que beaucoup n’ont pas caché regretter quand Sertelm a pris la tête de notre ordre. Et s’il a choisi de rejoindre la Couronne, ordre rival du Bouclier, c’est sans doute pour se donner les moyens de régler ses comptes avec lui, voire même avec nous. Si le conflit avec Nastul devait de nouveau tourner à la guerre ouverte, il n’est pas exclu qu’il s’étende aux guildes supérieures, avec le Bouclier de notre coté et la Couronne du leur.
 
En fin d’après-midi, j’atteins le point où les rochers grisâtres des Hauts de Serdagh, qui constituaient mon horizon au-delà de la plaine sur ma gauche, laissent la place à la trouée de Tulare au nord. De la route, légèrement surélevée, je distingue, très loin au-delà des champs, les premiers arbres de l’immense forêt.  Je sais qu’à ce point de la route je passe une « frontière divine » ,  comme on dit.  Je quitte la zone centrale de Galadan, désignée comme une partie de Tulare par François de Strie, pour la région orientale de Galadan, dont le dieu créateur est Gerhardt Ellazy.
Si le décor reste globalement le même, des champs, des hameaux, des bosquets et des fermes, des deux cotés de la route, subtilement dans ses éléments il y a des changements. Un choix de végétaux qui n’est pas le même, une palette de couleurs aux nuances différentes, les Bots qui ne choisissent pas le même style architectural pour leurs maisons, même les bruits, ceux de mes bottes sur la route ou au loin les cris des oiseaux ne me semblent pas exactement les mêmes.
C’est lié à la manière dont l’immense monde de Fannerondh a été développé, pour lui donner plus de diversité, ou peut être simplement pour aller plus vite, chaque région a été confiée à une équipe de développement indépendante. Les lead designers, ceux qu’on surnomme aujourd’hui les Dieux Créateurs, s’ils obéissaient à un plan d’ensemble avaient une large liberté de choix dans leur manière de l’appliquer. Qu’il s’agisse du décor, de la manière dont sont gérés et générés les Bots, du contenu des quêtes locales, chaque développeur a trouvé le moyen de mettre sa touche personnelle.
 
Chez François de Strie dont l’œuvre la plus réussie est le sud de Tulare, ce qui marque surtout c’est le travail sur les couleurs. Son choix de végétaux, les nuances choisies pour leurs feuillages font de ces bois un lieu réellement féerique, et radicalement différent si on l’arpente au printemps ou en automne. A part peut être l’Erinthan, forêt elfique désignée par le légendaire Brad Arnesson, je ne vois pas de région qui égale la splendeur de Tulare.  François de Strie a moins bien réussi Galadan centre, je trouve. Sans doute était-il, comme moi, moins inspiré par cette vaste plaine trop civilisée. Mais dès qu’on traverse un bosquet ou un massif buissonneux, on y retrouve quand même sa touche, son souci de nous procurer l’émerveillement simple que l’on peut ressentir devant mille nuances de feuillages agités par le vent.
 
Gerhardt Elazzy a clairement moins d’affinités avec le végétal, et moins le souci de faire du beau. Ses décors semblent une reproduction de modèles génériques, il n’utilise que quatre ou cinq types d’arbres qui doivent être ceux présents par défaut dans toutes les régions de Quest. Les seules variations doivent provenir du moteur physique, qui bien entendu les fait pousser différemment selon leur accès à l’eau et leur ensoleillement. En m’avançant sur la route je quitte le domaine d’un peintre impressionniste pour celui d’un technicien, surtout réputé pour son travail sur la programmation des Bots.  Alors que les régions réalisées par de Strie sont encore pleines d’animatronics, PNJs de première génération répétant d’énervantes scénettes préprogrammées, Elazzy n’utilise que des scripts complexes et fait preuve pour générer la moindre de ses créatures d’un énorme souci du détail. Ca se voit aux styles architecturaux des fermes, à l’habillement des paysans, le moindre Bot semble avoir ici ses goûts, sa personnalité propre. Même les humanoïdes de la zone de repeuplement de Glazz dont il a la charge, se débrouillent pour avoir chacun leurs particularités de caractère,  et se comportent plus intelligemment qu’aucun monstre qu’on puisse croiser chez de Strie. Il y avait même eu des plaintes à une époque : les intelligences artificielles utilisées par Gerhardt étaient si développées que ses gobelins, non contents d’être les monstres de niveau 3 les plus difficiles à tuer de tout Fannerondh, s’étaient mis à camper les corps des infortunés aventuriers qui allaient chasser là bas.  Finalement un médiateur de Microcoast a du intervenir pour le forcer à les rendre un peu plus stupides. 
 
Je dois être a deux heures de marche de l’embranchement où la route du Gué de Bennargan se sépare de celle des collines de Glazz, quand le temps se couvre. Le vent s’est soudainement levé et des nuages noirs ont jailli d’au-delà des collines de Glazz, qui forment maintenant mon horizon au sud-est. On aurait pu se croire en été en cette fin d’après midi ensoleillée, l’automne se rappelle d’un coup à moi sous la forme d’un violent orage. Le ciel déverse des trombes d’eau, la route de terre battue devient une traînée de boue, les paysans courent vers leurs maisons, ou rentrer leurs bêtes. Je pourrais m’abriter chez l’un d’eux, il se pourrait même par ici que le Bot ait une conversation intéressante, mais on est encore loin de la nuit, je me décide à continuer un peu malgré les intempéries.
 
Je le regrette après une heure de plus à me tremper. De la route, qui traverse maintenant une région en friche parsemée de buissons, je ne vois plus la moindre ferme quand la pluie redouble et que le tonnerre, très proche, se met à résonner. Un éclair foudroie un arbre à quelques dizaines de mètres de moi, m’hérissant les cheveux. Je suis toujours impressionné par la manière dont le fameux moteur moléculaire de Quest simule jusqu’à ce genre de phénomènes. Mais je n’ai pas trop le temps de m’émerveiller, chargé d’armes d’acier comme je le suis j’ai intérêt à ne pas rester trop longtemps par ici, ce serait navrant d’avoir un deuxième corps, foudroyé, à aller récupérer.
 
Je décide de courir aussi vite que je peux vers l’embranchement, il me semble que sur la route de Bennargan il y a une auberge où je pourrais m’abriter. Je commence à entendre mon cœur battre, et à recevoir de petites décharges de sensations déplaisantes, m’avertissant que je me fatigue. Le tonnerre continue à gronder, toujours aussi proche, l’orage a l’air de me suivre. Je passe sans m’arrêter devant un groupe de jeunes aventuriers, qui a l’air en plein débat sur la marche à suivre.
 
Je cours comme ça pendant une demi-heure, jusqu’à ce que les sensations, trop déplaisantes, me poussent à m’arrêter, à deux pas de l’embranchement. Les nuages sont de plus en plus noirs, il fait maintenant très sombre, et je viens de me rappeler que l’auberge se trouve à deux bonnes heures de marche après la fourche. Ce qui me semble beaucoup trop loin, surtout que la route de Bennargan n’est pas surélevée comme jusqu’ici, mais un chemin creux descendant en pente légère, qui ressemble surtout à un torrent de boue aujourd'hui.  
 
Avancer ou rebrousser chemin ? Prendre à gauche ou à droite ?

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Jeudi 11 octobre 2007
publié dans : Jeux de Stratégie

Comme j'ai dit beaucoup de bien de Crusader Kings-Deus Vult ! au départ, dans ma critique rédigée un peu vite le jour même de sa sortie, surtout écrite à partir de la liste de changements annoncés,   je me sens obligé de la compléter d'un coup de gueule. Alors que je ne faisais qu'évoquer un peu à la fin les problèmes techniques d'une extension "très bonne dans ses principes",.je pense qu'elle mériterait d'être bien moins bien traitée vu comme elle est baclée.

Outre les plantages en effet, que j'ai la malchance de me prendre, mais qui n'affectent qu'une petite minorité des joueurs (d'après les forums), il y a plein de "petits" bugs ou plutot erreurs de conception, qui eux affectent tout le monde et rendent le contexte incohérent, et le jeu à la limite de l'injouable dès qu'on avance un peu dans une partie.

Petit bétisier de Deus Vult ! :

 - Quand une croisade est déclenchée, les seigneurs catholiques joués par l'ordinateur déclarent la guerre au détenteur de la province désignée, mobilisent leurs troupes, puis... ne font rien s'ils ne peuvent atteindre la cible de croisade sans traverser les territoires d'autres infidèles. C'est un effet secondaire de la nouvelle règle interdisant de traverser les territoires d'ennemis religieux, que les concepteurs ont oublié d'intégrer dans la manière de réfléchir de l'(in-)intelligence artificielle.

 - Encore plus consternant : souvent  les seigneurs concernés ne bougent pas leurs troupes tant qu'ils sont en guerre avec la cible de croisade, ce même si d'autres pays, que là ils peuvent atteindre, les attaquent durant ce laps de temps.

 - Le nouveau système de vassalisation tient compte principalement (uniquement ?) du prestige des suzerains, visiblement pas de leur localisation ni de la taille de leur domaine ou de leurs armées. Ce qui entraine par exemple des ducs rebelles d'Angleterre qui prètent allégeance au roi d'Aragon ou à celui de Croatie, pour peu qu'ils soient prestigieux, même si ces derniers n'ont que de minuscules domaines à l'autre bout de la carte.

- Certains nouveaux traits comme la différence entre chiites et sunnites sont oubliés par d'autres éléments du système de jeu. On verra par exemple un musulman converti au catholicisme rester "chiite" ou "sunnite" (ça plairait à Sarkozy pour qui être chiite est une "ethnie" ;) ).

 - Les évennements construits autour du nouveau système d'amitié/rivalité sont quelque peu buggés. On verra ainsi par exemple un personnage être à la fois l'ami et le rival de quelqu'un, ou encore mieux, devenir son propre rival (sans être schyzophrène), ou même son ami et son rival en même temps (suite à l'évennement "les ennemis de mes ennemis sont mes amis" appliqués à un personnage étant son propre rival... Mdr.) D'autres erreurs de conception des events entrainent par exemple des personnages de tout genre à "fraterniser lors de parties de chasse", par exemple un seigneur de 52 ans et son voisin nourisson de 1 an, ou encore un seigneur catholique avec son voisin musulman avec qui il est en guerre, mais qui pour une raison obscure chasse avec lui.

 - Les évennements relatifs aux fosterlings (pages), comme tout le système autour d'eux sont également parsemés de bugs et d'erreurs de conception. Exemple le plus amusant : si la cour où est envoyé un page cesse d'exister, et si ses parents suite à un autre event se sont séparés, le fosterling peut se dédoubler, étant renvoyé en même temps chez sa mère et son père. Par ailleurs les fosterlings ainsi renvoyés conservent le trait "fosterling", et tendent à le garder toute leur vie. Il arrive aussi si le père d'un page a hérité du domaine où il était envoyé que le page devienne son propre ami suite à l'event "vous devenez l'ami du fils du seigneur".

- Si vous recevez des fosterlings en provenance de votre propre famille, vous pouvez les renvoyer à d'autres seigneurs, ou les forcer à se marier quand ils atteignent 15 ans. Si vous le faites, le jeu a tendance à planter quand ils doivent rentrer chez eux.

 - Les suzerains joués par l'IA sont particulièrement ennervants, encore plus que dans les anciennes versions de CK. Ils ne tiennent aucun compte des conquètes effectuées par leurs vassaux quand ils signent des paix. Par exemple, un roi Allemand en pleine croisade va signer une paix blanche qui forcera son vassal qui controle Jerusalem à la rendre aux fatimides. 

 - Le nouveau système de relations entre états est beaucoup trop favorable à ceux dirigées par des seigneurs bons diplomates ou prestigieux. En quelques années, leurs relations avec la quasi totalité des états de même religion atteint le maximum, ce même si ils n'ont pas eu le moindre contact diplomatique avec eux, se trouvent à l'autre bout de la carte ou ont des intérêts opposés. Ce qui prive de l'essentiel de son intéret un système qui devait rendre la diplomatie plus cohérente.

Etc... Etc....

Le forum des bugs de Crusader Kings est plein de ce genre de choses. Je crois que pour trouver un produit de Paradox aussi baclé et buggé (si on oublie l'horrible "Diplomacy", qui n'était qu'une exploitation de licence) il faut remonter à ... la toute première version de Crusader Kings, voire celle d'EU II.

Paradox ces derniers temps avait su sortir des produits bien plus polissés qu'à ses débuts (Révolutions pour Victoria une extension pas géniale mais sans un bug ; EU III ; Napoleon's Ambition, sans trop de problèmes...) . Là ils sont retombés bien bas, et abusent franchement de se permettre de mettre sur le marché un add-on aussi mal testé (voire pas du tout, sinon je me demande comment les développeurs ont pu laisser passer des trucs comme les IAs statiques lors des croisades... Pour reprendre le bon mot d'un joueur sur le forum des bugs : "un jeu sur les croisades où les croisades ne marchent pas... c'est peut être pour ça qu'on les appelle "paradox")..

Bon, ceci dit, après 2 ou 3 patchs, l'extension devrait vraiment apporter beaucoup à CK, sur le papier les idées sont excellentes, mais il est toujours assez ennervant de payer 15 euros (en plus du jeu de base) pour se retrouver beta testeur d'un produit au développement très loin d'être terminé.


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